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AAC Séminaire 2026-2027

Pour sa cinquième année, le séminaire, qui se tiendra à l’EHESS, a le plaisir de transmettre un appel à communications.

L’atelier MIGRAPRIV rassemble de jeunes chercheur·es, des doctorant·es et des chercheur·es spécialisé·es dans les études sur les migrations. L’objectif de ce séminaire est de constituer un espace de rencontres interdisciplinaires pour questionner la notion de migrations privilégiées et appréhender autrement, aux échelles globales comme locales, les inégalités migratoires. 

Afin de faciliter les échanges internationaux, la plupart des sessions se tiendront en ligne une fois par mois, le mardi après-midi. Les communications peuvent être soumises en français ou en anglais. Les sessions seront également organisées en fonction des langues des présentations.

Modalités de contribution

Les propositions doivent être envoyées avant le 20 septembre 2026 à l’adresse e-mail suivante : migrapriv.seminaire@gmail.com. Vous pouvez nous contacter au préalable pour obtenir des informations complémentaires sur les conditions de soumission.

Les propositions doivent comporter : un titre, un résumé de 2 000 à 2 500 caractères (espaces compris) et 3 à 5 mots-clés.

Le comité d’organisation de MIGRAPRIV (Alice Nortier, Penda Fall, Martina Vignoli, Eva Renaudeau, Solène Le Bihan)

“Comment les touristes produisent du tourisme ? Le privilège migratoire à La Havane (Cuba) et à San Cristóbal de Las Casas (Mexique) à la lumière de la crise de COVID‑19” (Téoros, pré-publication)

Tommaso Pirone & Romane Prat

Résumé

Cette comparaison ethnographique multi-située à La Havane (Cuba) et à San Cristóbal de Las Casas (Mexique) se concentre sur des groupes similaires de migrants privilégiés des Nords. Attirés par le contexte politique unique de ces destinations, ils partent initialement pour des séjours touristiques et, une fois établis, leurs revenus dépendent largement du tourisme. En examinant les stratégies employées par ces acteurs pour naviguer à travers les réalités politiques, économiques et sociales distinctes de ces régions, l’article se propose d’étudier le rôle du privilège migratoire dans leur processus d’insertion dans les marchés touristiques locaux. À la lumière de la crise de COVID‑19, les formes multiples de capitaux qui le composent sont déterminantes dans leur carrière migratoire et entrepreneuriale. Si, à La Havane, les acteurs internationaux bénéficient de nouvelles alliances avec les partenaires locaux, les tensions et les résistances locales contre leur action s’intensifient à San Cristóbal de las Casas. Ainsi, s’intéresser au privilège migratoire permet de mettre en lumière la réémergence d’inégalités socioéconomiques en situation touristique, confirmant que le tourisme reste un terrain de conflits transnationaux.

Retrouver l’intégralité de cet article : https://journals.openedition.org/teoros/13454.

“La (re)définition des mobilités privilégiées par l’administration : la catégorisation des familles immigrées comme « utiles »” (Lien social et Politiques, no 95, 2025)

Carla Mascia

Résumé

Cet article examine la manière dont l’administration belge redéfinit, au quotidien, les mobilités migratoires dites « privilégiées » à travers la mise en oeuvre de la politique de regroupement familial. En s’appuyant sur une ethnographie menée au sein de l’Office des étrangers, administration fédérale chargée de l’application de cette politique, cette étude met en lumière le rôle central des fonctionnaires dans la construction de catégories de mobilités « désirables ». Ces dernières sont définies à travers des critères nationaux et socioéconomiques ainsi que des récits administratifs typifiés racialisant la figure du travailleur qualifié. Ces catégorisations induisent de la confiance chez les agents administratifs, ce qui se traduit par un traitement accéléré et un allégement des contrôles. Ce traitement contraste fortement avec la logique de soupçon généralement associée aux pratiques des fonctionnaires responsables du contrôle migratoire. Ainsi, cet article met en évidence le rôle structurant de l’administration dans la construction des mobilités désirables, et plus largement, dans la production de hiérarchies migratoires.

Retrouver l’intégralité de cet article : https://www.erudit.org/fr/revues/lsp/2025-n95-lsp010754/1124897ar/.

“Des mobilités privilégiées dans le volontariat agricole : frontières matérielles et sociales du woofing en France et au Canada” (Lien social et Politiques, no 95, 2025)

Agathe Lelièvre

Résumé

Cet article porte sur les pratiques spatiales issues du bénévolat au sein du réseau associatif World Wild Opportunities on Organic Farms (WWOOF) en France et au Canada. Au sein de ce réseau, des woofeur·euses prêtent main-forte à des « hôtes » en échange du gîte et du couvert dans leurs fermes au cours de séjours d’une durée variable. En s’appuyant sur la littérature critique sur les mobilités, l’article montre en quoi les pratiques spatiales de woofing relèvent de mobilités privilégiées. Il repose sur une enquête ethnographique (2019-2021) qui rassemble une analyse documentaire, des entretiens (n = 56) et des observations participantes dans quatre fermes membres du réseau. Dans un premier temps, l’analyse donne à voir un « régime du woofing » conditionné par un marché hôte/bénévole qui favorise les acteurs disposant de ressources pécuniaires et d’un passeport puissant dans le cas des mobilités internationales. Dans un second temps, les usages contrastés des expériences montrent que les séjours sont un moyen pour les bénévoles de se distinguer des autres touristes et d’accumuler différents types de capitaux utiles à leurs carrières.

Retrouver l’intégralité de cet article : https://www.erudit.org/fr/revues/lsp/2025-n95-lsp010754/1124898ar/.

“Partir de France : assignations et mobilité sociale” : Dossier thématique de Migrations Société, vol. 203 | 2026

Sous la direction de Alice Picard, Olivier Esteves et Julien Talpin

Au sommaire de ce dossier :

Retrouver l’intégralité de ce dossier thématique : https://shs.cairn.info/revue-migrations-societe-2026-1?lang=fr.

[AAC] “Gouverner les populations « désirables »” (Congrès national de l’Association Française de Science Politique, Lyon, 2026)

Louis Baudrin & Lucas Puygrenier

Section thématique 9

A la suite des travaux qui documentent l’accroissement des inégalités depuis les années 1970 au niveau mondial (Zucman, 2015), les catégories sociales les plus privilégiées, et en particulier celles intégrées dans des espaces transnationaux, font l’objet d’un regain d’intérêt en sciences sociales (Bühlmann et al., 2025). La littérature s’est toutefois davantage intéressée au rapport problématique qu’entretiennent les individus à leur situation privilégiée (Khan, 2021 ; Mears, 2023) plutôt qu’au rôle de l’État et de ses administrations dans le gouvernement de ces catégories. Malgré l’hétérogénéité des groupes étudiés – de l’hyper-bourgeoisie globalisée (Chauvin & Cousin, 2021) qui accumule un capital international (Wagner, 2020) à un ‘middling transnationalism’ de groupes moins élitaires, dont le privilège est fait et défait par la mobilité (Cosquer, Le Bigot et Vallot, 2024) – ces littératures partent du postulat que les franges sociales supérieures seraient comme immunisées contre les efforts étatiques d’encadrement des populations. Alors que la sociologie politique a amplement commenté le contrôle et la répression des populations “indésirables” (Agier, 2008 ; Wacquant, 2014), l’expérience des ‘populations désirables’ semble d’abord envisagée par l’absence de contraintes économiques et politiques manifestes (Croucher, 2012). Elles sont réputées s’affranchir – y compris spatialement – des structures étatiques (Slobodian, 2025) et des régimes de mobilité (Mancinelli & German Moltz, 2024).

Cette ST tend à mettre en cause ce présupposé, en interrogeant les modalités spécifiques de gouvernements des populations “désirables” selon trois axes d’analyse.

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[Parution] Privileged Migrants Across the Globe. Experiences of Inclusion, Exclusion and Mobility (Routledge, 2025)

Sous la direction de Diotima Chattoraj

Description

Chattoraj and contributors explore the concept of privileged migration in the context of globalization, shedding light on the experiences of a demographic often overshadowed in migration discourse. 

The book delves into the rising mobility of various groups, including students, skilled professionals, and lifestyle migrants. Despite their education and resources, these individuals encounter hurdles such as loss of status and their pursuit of integration into the host society. By highlighting the complexities of achieving privileged social interaction with the host population, the text emphasizes the fluid and relative nature of privilege. It provides a nuanced exploration of the experiences of privileged migrants, their strategies for integration, and the challenges they face in navigating between insider and outsider dynamics in their respective host nations. 

Rich in empirical evidence and practical insights, this is a valuable resource for academics, researchers, and students of migration, as well as policymakers and practitioners engaged with migrant issues.

Diotima Chattoraj, PhD, is a Research Fellow at the Wee Kim Wee School of Communication and Information at Nanyang Technological University, Singapore, and an Adjunct Research Fellow at James Cook University, Singapore. She focuses on Asian migration, international relations, consumer psychology, and advertising effects. She has authored more than 30 journal articles, 7 books, and several book chapters in leading journals.

Plus d’informations sur le site de l’éditeur Routledge et Taylor & Francis.

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“Des privilèges précaires. Des classes moyennes et supérieures en circulation transnationale face aux déclassements” : Dossier thématique de Émulations, vol. 51 | 2025

Sous la direction de Maxime Behar et Anne-Sophie Delval

Résumé

Ce numéro spécial propose une relecture originale des processus de précarisation des privilèges dans les contextes de mobilité internationale. En déplaçant le regard de la précarité des classes populaires vers celle des classes moyennes et supérieures, il met en lumière des trajectoires marquées par des tensions entre pertes, affaiblissements et reconversions de ressources sociales, économiques, culturelles et symboliques. Les contributions abordent une diversité de groupes en situation de mobilité – étudiant·es du Sud global, titulaires de visas qualifiés, intellectuel·les en exil, expatrié·es humanitaires, néo-ruraux internationaux ou milliardaires russes – pour interroger les formes multiples de précarité, d’ambivalence statutaire et de déclassement vécues. À travers une approche à la fois transnationale et intersectionnelle, le numéro démontre que la mobilité ne garantit ni ascension, ni reproduction sociale linéaire pour les groupes privilégiés, mais peut au contraire exposer à des déclassements différenciés selon les capitaux détenus, le genre, la race ou les ressources symboliques mobilisables. Le concept de privilège précaire se révèle ici particulièrement heuristique pour dépasser une vision statique des classes moyennes et supérieures. En croisant analyse des capitaux et des stratégies discursives face à l’érosion des privilèges, ce numéro propose une lecture dynamique et relationnelle des hiérarchies sociales dans un monde globalisé.

Retrouver l’intégralité de ce dossier thématique : https://journals.openedition.org/emulations/4296.

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“La politique diasporique de la Corée du Sud : hiérarchisation et « privilège occidental »” (Migrations Société, vol. 37, no 200, 2025)

Hui-yeon Kim

Résumé

Face à une crise démographique croissante, la Corée du Sud a amorcé, dès la fin des années 1990, une politique d’immigration ciblée visant à attirer les membres de la diaspora coréenne, initialement les citoyens américains d’ascendance coréenne, puis progressivement les minorités coréennes de Chine et des anciens pays de l’URSS. Dans le cadre de cette stratégie, des distinctions nettes ont été établies entre les migrants en fonction de leur origine géographique et du niveau de développement économique de leur pays d’origine. Cet article analyse comment la Corée du Sud cherche à favoriser la venue et l’intégration des descendants de Coréens venant des États-Unis, contribuant ainsi à la construction d’un « privilège occidental » dans ce contexte asiatique. Il explore également les limites de cette politique, en particulier les situations de déclassement social auxquelles certains migrants américains peuvent être confrontés. En examinant cette politique diasporique, l’article met en lumière la hiérarchisation ethnoraciale qui structure les politiques migratoires sud-coréennes et ses effets au regard des défis que pose la diversité culturelle et sociale.

Retrouver l’intégralité de cet article : https://shs.cairn.info/revue-migrations-societe-2025-2-page-49?lang=fr.

“Les hôtels-boutiques de La Havane : élites transnationales et marchandisation des espaces urbains” (Métropolitiques, 2025)

Tommaso Pirone, doctorant en sociologie

Résumé

Nouveau produit du tourisme mondial, les hôtels-boutiques s’implantent à Cuba avec l’ouverture internationale du marché immobilier. L’enquête de Tommaso Pirone montre le rôle des investissements italiens dans l’essor de ces nouveaux lieux, et questionne les inégalités croissantes de la société cubaine.

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