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“Stratifying Non-EU Workers. The Vague and Narrowing Boundaries of the Immigration Category of “Talent” (France, 2006–2024)” (Historical Social Research, vol. 50, no 1, 2025)

Adrien Thibault, docteur en science politique

Résumé

Over the 21st century, “talent” has become an immigration category in France (as elsewhere, like has in the UK), providing the basis for the preferential legal treatment of certain categories of non-EU foreign workers, whose mobility is facilitated due to their high desirability. This vague immigration category, targeting exclusively workers belonging to upper socio-professional categories, now appears to be relatively consistent in terms of class and social stratification. However, a socio-historical study of the legislative dossiers of the 2006 and 2016 French laws introducing the “Skills and Talents” and “Talent Passport” residence permits respectively, complemented by a mixed-methods analysis of the deliberations of the Skills and Talents National Committee (2007–2014), online governmental and legal archives, and interviews with civil servants, leads to the observation that the (relative) social homogeneity of the category was not a foregone conclusion. This article shows how a privileged foreign populationhas been constructed in both senses of the term, as the debates surrounding the residence permits have gradually aligned the population targeted by this preferential policy with a population favored in terms of cultural and/or economic capital.

Retrouver l’intégralité de cet article : https://www.jstor.org/stable/27388900.

““Living in a Bubble”: Labor Mobility of Tech Professionals from Serbia to Germany (2016–2022)” (Historical Social Research, vol. 50, no 1, 2025)

Sanja Beronja, doctorante en sociologie

Résumé

Why do foreign tech professionals leave highly paid jobs at home and move to the EU? What does their mobility experience tell us about the European governance of labor mobility? Labor migration research on professionals from third countries highlighted their economic motivation and showed that their experience was structured by legal constraints, glass-ceiling effects, and even precarity. I hypothesize that these findings do not provide a full account of their motivations and experiences. Tech professionals migrate to the EU for reasons that are not solely economic and professional and that include lifestyle motivations. To test my hypotheses, I conducted in-depth interviews with tech professionals from Serbia who are holders of the EU Blue Card and currently based in Berlin, as well as with institutional actors of the startup ecosystem of Berlin. I also engaged in non-participant observation of events gathering tech professionals. My results show a particular type of labor mobility that is governed by the institutional framework of the EU Blue Card, local institutional actors in Berlin, but also tech companies, and transnational networks of tech professionals. I show that the mobility experience of foreign tech professionals can be described as “living in a bubble”: between privilege and limitation.

Retrouver l’intégralité de cet article : https://www.jstor.org/stable/27388898.

[Thèse] “Migration perceptions and othering-solidarity practices. Insights from Italian, Greek and Turkish privileged migrants in Brussels” – Université de Liège, 2025

Elodie Hut

Résumé

Cette étude explore la manière dont des migrant·e·s privilégié·e·s originaires d’Italie, de Grèce et de Turquie résidant dans la ville multiculturelle de Bruxelles perçoivent la migration dans leurs lieux d’origine et d’installation, et la manière dont ces perceptions débouchent sur des pratiques de solidarité et/ou d’altérisation (othering) à l’égard d’autres personnes migrant·e·s. En effet, en plus du long passé d’émigration de ces trois pays, les débats liés à l’immigration y font l’objet d’une politisation et d’une polarisation croissantes depuis les années 2000. Basée sur 54 entretiens semi-structurés menés entre novembre 2020 et avril 2022 auprès de ressortissants italiens, grecs et turcs vivant à Bruxelles, cette thèse mobilise les théories du contact intergroupe, de la menace intégrée et de l’identité sociale, ainsi que des concepts issus du transnationalisme, afin d’interroger l’impact transformateur des expériences migratoires sur les perceptions et les pratiques des personnes enquêtées. Cette étude comble une lacune importante dans la littérature sur les attitudes à l’égard de la migration en s’intéressant au point de vue souvent délaissé de personnes qui sont elles-mêmes migrantes. En se concentrant plus spécifiquement sur le point de vue de migrants qui ne sont pas typiquement dépeints ou qui ne s’identifient pas nécessairement comme tels en raison de certains avantages matériels et symboliques (liés notamment à leur citoyenneté, à leur capital socio-culturel ou à leur blanchité), cette recherche illustre la manière dont différentes catégories de migrants – plus ou moins méritants – sont formées, en fonction de critères tels que la nationalité, la classe, la race, l’ethnicité ou la religion. En examinant cinq discours migratoires répandus dans les pays d’origine des personnes enquêtées (les discours décrivant la migration comme une ‘menace’, une ‘crise’, une ‘opportunité’, les discours humanitaires, et les discours de catégorisation des migrants), cette recherche démontre que l’altérisation et la solidarité à l’égard des migrants se matérialisent davantage dans les discours que dans des actes tangibles. Par ailleurs, cette thèse analyse l’existence d’un subtil ‘continuum de l’altérisation-solidarité’ (othering-solidarity continuum), révélant, d’une part, l’omniprésence de l’altérisation des migrants dans les discours des personnes enquêtées et, d’autre part, la nature conditionnelle et sélective de leurs pratiques de solidarité. Sur la base de données nuancées et qualitatives, cette thèse vise à dépasser les représentations simplistes et binaires des attitudes à l’égard de la migration, qui tendent à décrire les gens comme étant soit ‘pour’, soit ‘contre’ la migration.

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