Tommaso Pirone & Romane Prat
Résumé
Cette comparaison ethnographique multi-située à La Havane (Cuba) et à San Cristóbal de Las Casas (Mexique) se concentre sur des groupes similaires de migrants privilégiés des Nords. Attirés par le contexte politique unique de ces destinations, ils partent initialement pour des séjours touristiques et, une fois établis, leurs revenus dépendent largement du tourisme. En examinant les stratégies employées par ces acteurs pour naviguer à travers les réalités politiques, économiques et sociales distinctes de ces régions, l’article se propose d’étudier le rôle du privilège migratoire dans leur processus d’insertion dans les marchés touristiques locaux. À la lumière de la crise de COVID‑19, les formes multiples de capitaux qui le composent sont déterminantes dans leur carrière migratoire et entrepreneuriale. Si, à La Havane, les acteurs internationaux bénéficient de nouvelles alliances avec les partenaires locaux, les tensions et les résistances locales contre leur action s’intensifient à San Cristóbal de las Casas. Ainsi, s’intéresser au privilège migratoire permet de mettre en lumière la réémergence d’inégalités socioéconomiques en situation touristique, confirmant que le tourisme reste un terrain de conflits transnationaux.
Retrouver l’intégralité de cet article : https://journals.openedition.org/teoros/13454.